 Les chroniques de l'inexpliqué Les chroniques de l'inexpliqué |
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Nérée Fée clochette


Age : 28 Inscrit le : 14 Juil 2007 Messages : 144 Localisation : Champagne - Ardennes
| Sujet: L'iIntelligent design Lun 23 Juil - 19:04 | |
| Article paru dans Ledevoir.com, AFP Édition du mercredi 21 décembre 2005 [ center] Darwin gagne sa cause en Pennsylvanie[/center]
La cour statue que les thèses créationnistes n'ont pas leur place à l'école
Washington -- Un tribunal américain a infligé une défaite aux adversaires de la théorie de l'évolution en statuant hier qu'un enseignement privilégiant l'origine divine dans la création du monde était anticonstitutionnel.
«Notre conclusion, c'est que l'enseignement du "dessein intelligent" comme une avenue de rechange à la théorie de l'évolution de Darwin dans les classes de sciences des écoles est anticonstitutionnel», a écrit le juge John Jones, du tribunal d'Harrisburg, en Pennsylvanie, dans une décision de 139 pages.
Le conseil d'éducation de Dover, une petite ville de ce même État, avait voté en octobre 2004 pour inclure la thèse du «dessein intelligent» dans l'enseignement de la biologie, une première aux États-Unis, où des tentatives similaires ont eu lieu par la suite dans une quarantaine d'États.
Des parents avaient alors engagé une procédure contre ces décisions rendant obligatoire la lecture d'un texte dans les classes de biologie, affirmant que la théorie de l'évolution sur la sélection naturelle «n'était pas un fait».
Les élèves devaient aussi être informés de l'existence d'un ouvrage d'enseignement sur la théorie du dessein intelligent intitulé Of Pandas and People (Des pandas et des hommes).
Le juge Jones a estimé que cet enseignement constituait une description erronée de la théorie de Darwin. Selon lui, il n'a pas de justification scientifique et offre une avenue alternative fondée seulement sur la religion.
Il a conclu que le dessein intelligent était une violation d'une clause du premier amendement de la Constitution américaine sur la liberté d'expression proscrivant l'imposition d'une religion.
«Dans nos délibérations, nous avons conclu que le dessein intelligent n'était pas de la science», a affirmé le juge Jones.
Il s'est aussi montré sévère pour les défenseurs du dessein intelligent. «Les citoyens de la région de Dover sont mal servis par les membres de leur bureau d'éducation ayant voté en faveur du "dessein intelligent"», a-t-il estimé.
Les avocats des parents ayant engagé l'action en justice contre le conseil d'éducation avaient fait valoir que le dessein intelligent était en fait une forme déguisée de créationnisme dont l'enseignement dans les écoles publiques avait déjà été jugé contraire à la Constitution par la Cour suprême des États-Unis.
Le juge Jones a abondé dans leur sens en accusant les défenseurs du dessein intelligent au sein du conseil d'éducation d'avoir menti sur leur véritable but, plus religieux qu'éducatif. «Il est ironique que plusieurs de ces individus, qui affichent ouvertement et fièrement leurs convictions religieuses en public, aient menti systématiquement pour [...] déguiser leur véritable but», a-t-il écrit.
La décision du juge est le dernier revers subi par les conservateurs religieux dans leur offensive antiévolutionniste menée dans le droit fil du «procès du singe» en 1925 dans le Tennessee. Un professeur de biologie, poursuivi par les autorités de cet État, avait alors été condamné à une amende de 100 $ pour avoir enseigné illégalement les théories de Darwin.
En 1968, la Cour suprême avait estimé que l'interdiction d'enseigner la théorie de l'évolution était contraire à la Constitution, qui garantit la séparation de l'Église et de l'État. Elle avait aussi jugé anticonstitutionnel en 1987 l'enseignement obligatoire du créationnisme, qui reviendrait, selon elle, à promouvoir une croyance religieuse dans l'éducation publique.
L'ensemble des membres du conseil d'éducation de Dover ont récemment été remplacés, lors d'un scrutin, par un groupe déterminé à retirer la thèse du créationnisme de l'enseignement de la biologie.
source |
|  | | Nérée Fée clochette


Age : 28 Inscrit le : 14 Juil 2007 Messages : 144 Localisation : Champagne - Ardennes
| Sujet: *** SUITE *** Lun 23 Juil - 19:05 | |
| Bonsoir à tous,
Je vous propose 3 articles du Hors série du mois d'octobre 2006 de Ciel et Espace. Ils s'articulent autour de 3 questions :
1) Quels sont les enjeux et les arguments utilisés par les partisans de l'"Intelligent design" afin que leur théorie soit reconnue scientifiquement ?
2) Quels sont les arguments scientifiques que l'on peut opposer à cette théorie et au principe d'anthropie ainsi soulevé ?
3) Dans quelle mesure peut-on être objectif tout en étant mathématicien et homme de religion ?
Avant de vous retranscrire ces articles, je me dois de faire appel à quelques éléments de définition. Je m'en réfère, pour ce faire, à Wikipedia :
| Citation: | Le créationnisme au sens large est la croyance selon laquelle la Terre, et par extension l'Univers, a été créée par un être suprême, c'est-à-dire un dieu. Il constitue une croyance fondamentale des trois principales religions monothéistes (judaïsme, christianisme, et islam).
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| Citation: | Le dessein intelligent (Intelligent Design en anglais) est le concept selon lequel « certaines observations de l'univers et du monde du vivant sont mieux expliquées par une cause intelligente, et non par des processus aléatoires tels que la sélection naturelle. »[1] Ce concept a été développé par le Discovery Institute, un cercle de réflexion conservateur chrétien américain. Certains commentateurs y voient une résurgence du créationnisme. Le concept [modifier] Les défenseurs de ce concept, dans le domaine de la biologie et de la biochimie, affirment que la théorie scientifique traditionnelle de l'évolution par voie de sélection naturelle ne suffit pas pour rendre compte de l'origine, de la complexité et de la diversité de la vie. En particulier, les partisans de ce concept estiment qu'il existe des exemples de complexité irréductible qui ne peuvent être expliqués par l'évolution, et plaident donc pour la théorie du Dessein intelligent. Caractère scientifique [modifier] L'Académie nationale des sciences des États-Unis (United States National Academy of Sciences) et le Centre national pour l'éducation scientifique des États-Unis (National Center for Science Education) ont décrit le Dessein intelligent comme étant de la pseudo-science. Les critiques affirment que le Dessein intelligent est une tentative pour ré-exprimer les dogmes religieux sous forme pseudo-scientifique, afin de forcer les institutions scolaires à enseigner la théorie du créationnisme. Le chef astronome du Vatican, le révérend George Coyne, a affirmé que le Dessein Intelligent « n'est pas de la science, même s'il en a la prétention »[2]. Alors que le modèle scientifique de l'évolution est corroboré par des faits observables et reproductibles, comme le principe des mutations, du flux génétique, de la dérive génétique, de la sélection naturelle et de la spéciation, les critiques prétendent que la théorie du Dessein intelligent repose sur des éléments qui ne peuvent être reproduits ni observés, et ne répond donc pas au principe de réfutabilité de Karl Popper : une théorie ne peut être qualifiée de scientifique que si elle permet des prédictions pouvant être invalidées par l'expérimentation. En introduisant une explication externe, le Dessein intelligent ne respecte pas non plus un autre principe scientifique, celui du Rasoir d'Occam, car il crée pour expliquer un phénomène une entité supplémentaire sans que cela apporte sur celui-ci de lumière supplémentaire en l'état (ce rasoir est cependant à double tranchant, car c'est celui que la Faculté de médecine opposait à l'hypothèse de Louis Pasteur sur les microbes, ou les géologues jusqu'au milieu des années 1960 à la théorie de la dérive des continents). L'hypothèse du Dessein intelligent ne fournit par ailleurs aucune explication sur les anomalies manifestes de la nature (point aveugle de l'œil humain, chiasme optique, pouce du panda, etc.). Cette hypothèse ne fait pas davantage l'unanimité dans les milieux religieux, pour qui la démarche scientifique n'est pas censée être mise sur le même plan que le dogme. Enfin, la démarche adoptée par les tenants du Dessein intelligent s'oppose à la démarche scientifique en ce qu'ils ne tentent pas de démontrer que leurs arguments sont valables mais demandent à leurs détracteurs de prouver qu'ils ne le sont pas alors même que ces arguments sont non-réfutables.
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Toutefois, les "néo-créationnistes" partisans de l'Intellligent Design, se sont basés sur un principe développé pour la première fois en 1961 par le cosmologiste Robert Dicke de Priceton. A la question "Pourquoi l'Univers a l'âge qu'il a", il répondit que qu'il en avait été autrement, dans un Univers beaucoup plus jeune ou plus vieux, nous ne serions pas là pour en parler. Ce principe a été dès lors utilisé et interprêté de différentes façons.
Les partisans du Dessein Intelligent fondent leur théorie sur un "principe anthropique fort" : l'Univers est perçu d'un point de vue finaliste. L'Univers n'aurait pour d'autres vocations que d'engendrer l'Homme, ce serait son but ultime. Ils se fondent également sur d'autres théories scientifiques comme celle de la théorie des cordes (qui est encore en chantier, il faut le rappeler) pour accréditer leurs convictions.
L'homme est-il le destin du cosmos ? Par Roman Ikonicoff, journaliste et écrivain scientifique
Avec l'appui explicite du Président Bush, sectes et mouvements chrétiens ultra-conservateurs américains ont récemment obtenu que soit inscrite, dans les programmes scolaires de certains Etats (Ohio, Minnesota, Nouveau-Mexique), une critique d'inspiration religieuse de la théorie de l'évolution de Darwin. Et la pression s'accroît au sein des établissements scolaires pour que le "créationnisme", thèse soutenant l'origine divine de la vie, soit enseigné au même titre -et comme alternative à- la théorie darwinienne (voir notamment l'enquête de S. Blumenfeld dans Le Monde 2, du 8 octobre 2005)... Plus inquiétant : l'Europe bien que plus résistante aux sirènes du mysticisme, subit les premiers effets de cette lame de fond. Il faut dire que les créationnistes, qui prônaient initialement le remplacement pur et simple de la théorie de Darwin par une lecture littérale de la Genèse biblique, ont compris que le rationalisme scientifique, pour être efficacement combattu, doit être attaqué avec ses propres armes. Du coup, avec l'aide de certains scientifiques mal inspirés, ils ont élaboré un nouvel argumentaire plus sophistiqué qui, à première vue, peut passer pour scientifique.
Une nécessité qui nous dépasse
Que dit la thèse créationniste actuelle ?
Que l'évolution, depuis les premiers unicellulaires, jusqu'à nous, a été si harmonieuse, si "intelligente", qu'elle n'a pu émaner du pur hasard (comme l'affirme la théorie de Darwin) : il existerait un "principe" qui, dès le départ, a orienté l'évolution de la vie vers son niveau de complexité actuelle (nous). La nature de ce principe organisateur, qu'ils nomment l'Intelligent Design (le "dessein intelligent"), n'est pas précisée. Mais on peut l'assimiler à une sorte de "nécessité" naturelle ou, plus explicitement, à l'action d'un designer (un architecte) intelligent : Dieu (version religieuse), un extraterrestre omniscient (version post-moderne), etc. On l'a compris, le courant créationniste, lancé par une mouvance religieuse ultra-conservatrice et qui s'est adjoint toute une nébuleuse humaine adepte d'une philosophie "spiritualiste" de type new age, entend substituer au hasard, moteur de l'évolution dans la théorie de Darwin, une nécessité qui nous dépasse, mais dont nous -les humains- serions l'aboutissement actuel.
Le rapport avec le principe anthropique ?
C'est que le débat "darwiniste vs créationniste" s'est exporté, via une certaine interprétation du principe anthropique, dans la sphère cosmologique. La version dite "forte" de ce principe, dont l'attrait "poétique" a même séduit les scientifiques (la science n'immunise pas contre la rêverie), énonce que dès sa naissance, l'Univers était destiné à engendrer l'être humain, le terme "destiné" devant être interprété à la lumière du concept de dessein intelligent... Ainsi donc s'étend à tout le Cosmos l'emprise que l'Intelligent Design n'exerçait que sur les êtres vivants de la Terre...
Entrons dans le vif du sujet.
Tel qu'il fut introduit, en 1961, ce qu'on appela plus tard le Principe anthropique se présentait comme un"test" pour valider ou rejeter une hypothèse physique, avant même la recherche de preuves expérimentales. Il disait, en substance, que toute hypothèse qui conduit à rejeter la possibilité d'un observateur [nous] est invalide. L'évidence de ce pré-requis saute aux yeux : si j'échafaude une théorie dont une conséquence, même lointaine, est que je ne puis exister, alors ma théorie est fausse -c'est aussi indéniable que la phrase de La Palice : "Un quart d'heure avant sa mort, il était encore en vie"... Le principe donna naissance à une version dite "faible", qui mettait l'accent sur un corollaire : les conditions physiques de l'Univers ainsi que ses paramètres fondamentaux (constantes, interactions, nombre baryonique, courbure spatiale...) ont été dès l'origine parfaitement adaptées à l'émergence de la vie, et de l'intelligence. Pour l'exprimer plus simplement les "conditions initiales" de l'Univers étaient à sa naissance parfaitement adaptées à l'émergence future de l'intelligence.
C'est dans le terme "parfaitement" que tout se joue : il signifie que si la valeur des paramètres initiaux avait été différente, même de quelques pourcents, L'Univers aurait été stérile; e nous ne serions pas là pour en parler... La plausibilité d'un tel postulat a été affermie par des modélisations prenant en compte notre connaissance des lois physiques et de la chronologie du big bang. Sous réserve que les simplifications et les approximations aient été correctes, la version "faible" du principe anthropique peut-être considérée comme scientifiquement valide.
Mais voilà, la version faible a servi de marchepied à une version "forte", qui reçoit l'approbation des créationnistes : si les "conditions initiales" de l'Univers étaient dès sa naissance parfaitement adaptées à l'émergence future de l'intelligence, c'est que, ont-ils déduit "logiquement", l'univers était destiné à voir émerger l'intelligence. La version "forte" affirme donc que l'Univers à sa naissance avait déjà "fait le choix" de l'intelligence humaine -un peu à la manière du déterminisme génétique qui veut que l'oeuf fécondé contienne, inscrit dans son ADN, le destin du futur individu...
C'est la validité de l'inférence (de la version faible à la version forte), semblablement si anodine, qui concentre toute la tension entre la conception créationniste du monde et celle qu'on pourrait qualifier, faute de mieux, de "darwiniste cosmologique". Les termes de la dispute sont les suivants. D'abord, le darwiniste n'accepte pas le "saut" de la version faible à la version forte : certes, les valeurs des paramètres de l'Univers étaient parfaitement adaptés à l'apparition de l'intelligence, mais cette dernière demeure le fruit du hasard...
Dernière édition par le Lun 23 Juil - 19:09, édité 1 fois |
|  | | Nérée Fée clochette


Age : 28 Inscrit le : 14 Juil 2007 Messages : 144 Localisation : Champagne - Ardennes
| Sujet: *** SUITE *** Lun 23 Juil - 19:05 | |
| Conflit idéologique ou controverse scientifique ?
Pour les créationnistes, l'argument est intenable : la probabilité que, parmi l'infinité de valeurs possibles, les paramètres cosmiques prennent exactement celles conduisant à l'intelligence est nulle, ou quasiment. Il y a dons eu un "coup de pouce", un choix de valeurs intelligent lors du big bang, en vue de la future venue de l'homme... Mais le darwinisme répond à son tour par la négative en rejetant toute idée d'intelligence "supra-cosmique" : si l'Univers a eu de fait les bonnes valeurs, c'est par hasard. Quant à l'argument probabiliste des créationnistes, il n'a que l'apparence d'un démenti. La preuve ? La théorie des cordes permet de conjecturer une infinité d'Univers adoptant chacun des paramètres différents et quelconques (la théorie des cordes postule l'existence d'objets élémentaires, les cordes, qui se déploient que plus de 3 dimensions spatiales. L'hypothèse d'un espace à 4 (ou plus) dimensions ouvre la possibilité que notre Univers côtoie d'autres univers, rangés côté à côte, tels des couches de millefeuille -espaces p-branaires). Il s'est trouvé que le nôtre est celui qui a eu les bons, et c'est pour ça qu'on est là à se poser ces questions...
Nous pourrions continuer à égrener les arguments de chaque camp, mais ce serait obscurcir le véritable enjeu de l'affrontement philosophique plutôt que scientifique, à savoir le sens de l'existence de l'homme (et, par ricochet, de l'Univers) : sommes-nous les fils du Hasard ou de la Nécessité ? Malheureusement le conflit idéologique s'est dissimulé sous le masque de la "controverse scientifique", à l'image de celles qui ont émaillé la construction de la physique moderne (Newton, Hooke, Boyle, Pasteur, etc.) car, ce que les créationnistes revendiquent avant tout, c'est le statut scientifique de leur thèse... Et cela pose un sérieux problème.
En effet, la question n'est pas de savoir si "science" et "croyance" peuvent ou non exister côte à côte mais indépendamment dans la culture et dans la pensée des individus -ce qu'elles font depuis des lustres. Le véritable problème, c'est que le créationnisme place d'emblée le débat dans le champ scientifique, car il se présente comme une théorie physique. Dès lors, il est logique de jauger le "scientificité" du principe anthropique fort à l'aune des principes généraux des sciences physiques.
Et pour commencer, il est une certitude : ce n'est pas l'homme qui est la cause des valeurs particulières des paramètres de l'Univers. Bien sûr... Puisque l'homo sapiens sapiens est apparu quelque 13,7 milliards d'années après le big bang. Comment ce qui n'existe pas au moment du big bang peut-il agir sur lui ? Il n'empêche, le passage de la version faible à la version forte cache ce type d'entorse au bon sens, qu'un oeil distrait ou crédule peut manquer d'apercevoir. En effet, l'idée que l'Univers ait été à sa naissance parfaitement adapté à l'émergence de l'intelligence, est proche de celle que, à sa naissance, l'Univers possédait déjà (en puissance) la recette de l'intelligence.
La chute du pot de fleurs, un exemple édifiant
Mais en faisant le grand saut d'un énoncé vers l'autre, on viole implicitement un des principes essentiels de la physique, et des sciences en général : le principe de la causalité, qui veut que la cause précède la conséquence... Essayons de prendre la mesure de la profondeur du problème par un exemple familier. Supposons que, lors du trajet de retour du bureau vers la maison, nous recevions un pot de fleurs sur la tête.
A la lumière de ce douloureux évènement, avons-nous le droit de considérer que l'accident était inscrit dans notre destin depuis le réveil ? En nous repassant le "film" de la journée, nous pourrions considérer que si notre café du matin avait été plus chaud, nous aurions mis plus de temps à le boire, donc nous serions partis au bureau plus tard, ce qui, vu notre charge de travail, nous aurait obligé à quitter le bureau en retard, aussi, serions-nous passé sous cette fatidique fenêtre après la chute du satané pot de fleurs ! Nous aurions également évité l'accident si, sur le chemin du retour, au lieu de nous arrêter au kiosque à journaux, nous avions décidé de nous passer de la presse, etc. Bref, en nous remémorant les évènements, qu'est ce qui nous empêche de conclure que toutes nos actions "menaient" vers l'accident, comme si celui-ci nous était prédestiné ? Le principe de causalité est ce "garde-fou" qui nous interdit, en physique, d'expliquer les évènements passés par des causes présentes, de faire du passé une conséquence logique du présent...
S'il veut demeurer dans la science, l'homo sapiens sapiens doit chercher la cause des valeurs des paramètres ("conditions initiales") de l'Univers "hors et avant lui", dans le respect de la méthode. Or, quand le discours de la physique évoque une "nécessité", il le fait dans le sens suivant : un phénomène est nécessaire s'il est prédéterminé par des lois exprimant un mécanisme physique. Par exemple, quand il naît une étoile d'une masse supérieure à quatre masses solaires, on sait qu'elle finira par exploser en supernova. La transformation est une nécessité imposée par les interactions entre les particules et les effets gravitationnels. Ces lois expriment en un mécanisme bien connu des astronomes : en substance, l'épuisement du carburant de l'étoile diminue la "poussée" radiative exercée sur la matière par les photons fuyant le coeur de l'étoile. Aussi, l'attraction gravitationnelle de l'étoile sur elle-même, jusqu'alors compensée par cette poussée radiative, prend le dessus et provoque l'effondrement soudain des couches inférieures de l'astre. Puis, par effet de rebond, les couches supérieures sont éjectées violemment vers l'espace... L'évolution de l'étoile est donc prédéterminée par sa masse d'origine... Qu'en est-il de la Nécessité exprimée dans le principe anthropique fort ?
]Le libre arbitre s'oppose à la loi aveugle
Puisque le créationnisme veut ancrer le débat dans les sciences expérimentales, la nécessité de l'apparition de l'homme ne peut pas signifier qu'une entité intelligente a fait un choix arbitraire en vue de créer l'homme, puisque cet arbitraire de la volonté, le "libre arbitre", n'est pas réductible à une loi ou un mécanisme physique, "aveugle" et sans pensée. Dans le cas contraire, cela reviendrait à dire que l'homme existe en vertu de la seule volonté d'un être libre, s'exerçant sur la globalité du Cosmos. En l'état, cette assertion est absolument non scientifique car les concepts de "volonté" et de "liberté" n'ont pas reçu -de la part des créationnistes ou de scientifiques- de définition physique.
Exit donc Dieu, ou toute autre entité intelligente supra-cosmique : la Nécessité des créationnistes, andidote au Hasard, doit, pour demeurer scientifique, faire référence à des lois connues ou à découvrir. Le problème (pour le créationniste), c'est qu'en sciences expérimentales, une loi ne peut s'autoengendrer : elle est elle-même déterminée par une nécessité plus globale, c'est-à-dire une autre loi plus générale : les lois de Kepler sur le mouvement des planètes reposent sur des lois de la gravitation de Newton, qui s'expliquent par les lois de la relativité générale... L'exception à la règle, c'est le Hasard.
L'ordre naturel de l'Univers n'a rien d'intelligent
En effet, on a des exemples de théories scientifiques dont les lois reposent sur un "socle" aléatoire. La théorie de l'évolution de Darwin (1859), qui via la génétique fait partie des sciences expérimentales, est un de ces exemples. Que l'on croie ou non à sa "réalité", nul scientifique ne remet en cause sa cohérence interne. Or la théorie illustre comment le hasard peut devenir la base d'un ordre naturel qui n'a rien d'intelligent. Darwin fait en effet reposer le moteur de l'évolution sur le hasard des mutations (A l'époque, on ne parlait pas de mutations "génétiques" car la génétique n'existait pas encore) : la transmission des caractères d'espèce entre parents et enfants n'est pas parfaite. Des mutations aléatoires apparaissent à chaque génération : une fonction (ou un organe) légèrement différente de celle de ses parents. La plupart de ces mutations n'ont pas de conséquence, ou alors elle est négative, ce qui condamne l'engeance à une extinction rapide.
Mais, de temps en temps, par le hasard des mutations, un individu naît avec une fonction qui lui donne un certain avantage de survie. Par exemple, dans le cas des ancêtres des girafes, un cou légérement plus long. Cet individu peut accéder à plus de nourriture que ses congénères (qui n'atteignent pas les zones élevées de l'arbre), il s'alimente donc mieux, devient plus résistant et plus vigoureux, engendre plus de descendants que les autres... La deuxième génération hérite de la mutation (donc de l'avantage), quoique celle-ci a muté à son tour : dans la plupart des cas, la nouvelle mutation n'a pas de conséquences, ou bien celles-ci sont négatives. Mais certains "rejetons" naissent -hasard des mutations- avec un cou encore plus long. Ceux-ci décuplent alors leur capacité de survie et se reproduisent en grande quantité... Si, d'une génération à l'autre, les mutations positives sont infinies (mais pas nulles), sur une durée de plusieurs millions d'années elles se surajoutent, tandis que les mutations négatives ont tendance à disparaître par la faiblesse compétitive, et donc reproductive, de ses populations... La "Loi de sélection naturelle" repose ainsi sur le processus aléatoire des mutations. In fine, le hasard, qui signifie précisément l'"absence de toute loi", peut engendrer des lois (le débat sur l'objectivité du concept de hasard en physique -réalité du monde ou conséquence de notre ignorance des lois sous-jacentes- fut résolu en faveur de la première alternative, dans la controverse sur l'existence de "variables cachées" en physique quantique.).
Les créationnistes et la peur du non-sens
Donc, pour ce qui est des sciences physiques et expérimentales, un phénomène nécessaire est forcément réglé par des lois, lesquelles reposent soit sur d'autres lois plus globales soit sur le hasard, ce dernier pouvant servir d'"arrêt" au processus d'approfondissement d'une théorie (heureusement, le "destin" des sciences semble être l'approfondissement infini, toute réponse appelant une nouvelle question). Mais en aucun cas une loi ou nécessité ne peut être la dernière, l'ultime, car son existence même présuppose sa soumission à une autre loi, plus "profonde", ou bien au hasard. Or, pour les créationnistes, l'Intelligent Design est la cause ultime et autoréférente, une nécessité cosmique en soi -ce qui permet d'éloigner le spectre de la régression infinie et du hasard, frère du non-sens...
Aussi, l'Intelligent Design, "cause ultime" de la thèse créationniste -proche du concept de "premier moteur" des Anciens- déroge aux principes fondateurs des sciences physiques modernes. |
|  | | Luke Skyw4lker

Age : 44 Inscrit le : 11 Juil 2007 Messages : 179 Localisation : Paris - France
| Sujet: Re: L'iIntelligent design Mar 24 Juil - 7:36 | |
| Merci Nérée J'ai de quoi passer un bon moment à :study: |
|  | | Cosmos

Inscrit le : 23 Juil 2007 Messages : 92
| Sujet: Re: L'iIntelligent design Dim 29 Juil - 3:32 | |
|
Bonjour à vous tous!
Notre interrogation sur cette Terre a toujours été de comprendre ce qu'est la "vie" et surtout de composer avec la notion de "temps"...
Notre base principale de notre réflexion est basée sur cette notion de vie et de mort.
Nous voulons que tout posséde un début et une fin.
Si nous avions une notion d'un temps trés long ou d'une sorte d'éternité, notre philosophie en serait totalement modifiée dans ses concepts.
La vie demande des conditions strictes pour se réaliser:
1)Qu'est-ce-que la vie ?
Question difficile qui n'a pas de réponse dans l'absolu. Nous allons toutefois essayer de définir ce qui caractérise le vivant de l'inerte, en gardant à l'esprit qu'une définition satisfaisante sur le plan physico-chimique est très délicate à établir.
2)Les propriétés de la vie :
Individualisation : tous les organismes sont des individus délimités par une membrane. Ils forment une entité vivante autonome. Nutrition : ils se maintiennent en vie en assimilant ou en produisant les aliments dont ils ont besoin pour se développer et entretenir leurs réactions vitales. Ces aliment deviennent la substance même de l'organisme qui s'alimente.
Respiration - fermentation : les organismes transforment par des réactions d'oxydation lente l'énergie des aliments en énergie utilisable par la cellule. Reproduction : tous les êtres vivants peuvent se reproduire ou se diviser. Evolution : les organismes vivants peuvent évoluer par le mécanisme des mutations et de la sélection naturelle. Mouvement Mort
3)Les fonctions de la vie :
Auto-conservation : se maintenir en vie par la nutrition, l'assimilation, les réactions énergétiques de respiration et fermentation. Auto-reproduction : propager la vie, grâce à la reproduction. Auto-régulation : se conduire soi-même, par la coordination, la synchronisation, la régulation et le contrôle des réactions d'ensemble.
Notre intelligence nous améne à penser que ce que nous appelons la vie se produit logiquement lorsque les conditions sont réunies.
Celà nous interroge,car devant l'immensité de l'univers, nous concevons que la vie a pu apparaitre ailleurs.
Il en découle que ce que nous observons sur notre planéte Terre comme relevant d'une technologie que nous ne possédons pas, ne peut "venir" que d'une autre source de vie.
C'est donc la base de l'étude actuelle de l'ufologie. Le rapport "COMETA" et les révélations des études du CNES, sont là pour nous proposer cette solution.
Comme nous n'avons pas nous mémes,en tant que terriens, franchi ce pas de la conquéte spatiale, nous en sommes encore à douter de ces capacités.
Notre "civilisation actuelle" etant relativement jeune; Nous avons des difficultés à imaginer une civilisation plus vieille que nous..!
C'est donc celà qui bloque notre ouverture d'esprit.
Cordialement. _________________ A+Cosmos
"Toute technologie suffisamment élaborée, est considérée comme de la magie par le primitif." A.C.Clarke...... |
|  | | jean-marc

Inscrit le : 10 Juin 2007 Messages : 761 Localisation : Québec (Canada)
| Sujet: Re: L'iIntelligent design Dim 29 Juil - 14:10 | |
| :D Mais il y a eu un commencement comme tout ce qui existe , Si je pense au Big Bang , comme un commencement , alors je dois chercher d'ou vien cette énergie qui a créer ce Big Bang .  |
|  | | Luke Skyw4lker

Age : 44 Inscrit le : 11 Juil 2007 Messages : 179 Localisation : Paris - France
| Sujet: Re: L'iIntelligent design Dim 29 Juil - 15:25 | |
| Je me demande comment était l'Univers avant le Big Bang Le Vide total sans soleil ni planête ? humm  |
|  | | Nérée Fée clochette


Age : 28 Inscrit le : 14 Juil 2007 Messages : 144 Localisation : Champagne - Ardennes
| Sujet: Re: L'iIntelligent design Dim 29 Juil - 15:46 | |
| Cosmos,
Le post que tu as formulé est essentiel et mérite nombre de développements que je reprendrai dans la rubrique "exobiologie".
| Citation: | JM : Mais il y a eu un commencement comme tout ce qui existe , Rolling Eyes Si je pense au Big Bang , comme un commencement , alors je dois chercher d'ou vien cette énergie qui a créer ce Big Bang . scratch
|
La physique, et qui plus est la cosmologie, conçoivent le big-bang comme un commencement et plusieurs modles existent concernant la "mort" de l'Univers.
Toutefois,
| Citation: | Luke : Je me demande comment était l'Univers avant le Big Bang scratch Le Vide total sans soleil ni planête ? humm |
La question de ce qui pourrait exister avant le big-bang n'est pas abordable en physique du fait du Mur de Plank. Toute démonstration par la physique est impossible. Seuls des concepts peuvent être avancés comme celui d'atome primitif évoqué par LeMaître à l'occasion de ses discussions avec Einstein. |
|  | | Shadow
Inscrit le : 27 Nov 2007 Messages : 77
| Sujet: Re: L'iIntelligent design Mar 27 Nov - 17:58 | |
| Tu veux savoir le big bang : Tu seras peut être en 2009 apres la mise en route du défragmenteur de particule ! Ils vont essayer de recréer une phase du big bang jcrois *mdr* sa fait peur lol |
|  | | gege61
Age : 56 Inscrit le : 05 Juil 2007 Messages : 133
| Sujet: Re: L'iIntelligent design Dim 2 Mar - 11:50 | |
| bonjour a tous l histoire du big bang est plausible,mais n est pas la seule,si les formattrices de planetes et de systèmes,thipe solaire que sont les galaxies,quand 2 galaxies se rencontrent,ce qui arrive peut souvent,la aussi cela peut etre une sorte de big bang,et c est la un recommencement,enfin,je pense,le fameux big bang,c est a dire un point zéro dont tout part en s evasant,alors comment se fait il que 2 galaxies se rencontrent exemple androméde vient a la rencontre de la voie lactée dans plusieurs milliers d années croyez vous que le système solaire en réchapera, moi pas ,mais c est trés loin,alors tout va bien  |
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